Correspondance entre des élèves de 1ère et des personnes âgées résidant en Ehpad.


Demande d’échange avec les résidents de l’EHPAD de Lorient
par la classe de 1ère S, 2015-2016
Lycée Duhamel du Monceau, Pithiviers (45)
Janvier 2016

Bonjour,
Nous souhaitons communiquer et échanger nos pensées, nos ressentis, nos opinions, nos réactions avec les résidents de votre EHPAD pour relier les deux bouts. Ainsi nous pourrions partager nos sentiments et émotions et recevoir votre point de vue sur les choses.
Nous nous adressons à vous car ce serait un plaisir d’échanger et d’apprendre de vous car il est difficile pour nous d’être en contact avec des personnes âgées.
Les attentats du 13 novembre 2015 ont provoqué chez nous un sentiment de solitude, déjà éprouvé par certains le 7 janvier. En effet, notre lycée s’est mobilisé afin que nous puissions nous exprimer sur cet acte cruel. Ainsi avons nous, en français, laissé libre cours à notre imagination sur l’expression « les deux bouts » : chacun a proposé sa définition. Nous avons aussi présenté les circonstances au cours desquelles nous avons appris qu’il y avait des attentats à Paris. Tout ceci est déjà en ligne sur le site L’Arbre à palabres.
L’analyse du texte de Mme Martin-Delvincourt nous a aussi inspirés et touchés.
Nous sommes une classe de 32 élèves en première scientifique au Lycée Duhamel du Monceau, situé à Pithiviers dans le Loiret. Nous avons entre 15 et 18 ans. Nous apprécions beaucoup l’humour. Notre professeur de Français se nomme M. Billière, il nous a invités à participer à ce projet. Nous l’avons approuvé.
Nous proposons d’entretenir une correspondance régulière, et pour commencer, nous vous enverrons une série d’autoportraits.
Nos chaleureuses salutations.

Projet mené par Mathieu Billière
Enseignant au Lycée Duhamel du Monceau, Pithiviers (45)

TÉMOIGNAGE DE MADAME D.
Ehpad Kervénanec, Lorient (56)
Janvier 2016

Madame D. accepte volontiers d’échanger avec les élèves mais elle souhaite à tout prix conserver son anonymat.

Madame D. se pose beaucoup de questions autour de l’actualité. Notamment les attentats qui lui rappellent le contexte de guerre qu’elle a vécu entre 1939 et 1945.
Un de ses frères était patriote résistant, elle, a vécu dans un château réquisitionné par l’armée allemande. Il y mettait des enfants français pour se protéger des bombardements.

Elle invite les élèves à visiter le mémorial de la déportation à Caen et le mémorial de Compiègne. Ou tout du moins, d’aller voir ce que c’est sur Internet.

Elle se demande aussi comment les élèves pensent faire à l’avenir pour ne pas oublier les victimes collatérales des attentats ?
Quand elle a cherché à comprendre ce qui c’était passé pour son frère déporté, on lui a répondu « vous avez été indemnisée, cela ne vous suffit pas ? ».

Madame D. tient à partager la difficulté que c’est de vivre sans blessure apparente « on ne nous reconnait pas comme victime de Guerre », ces blessures qui font du vous des mutilés « invisibles », ces blessures qui restent et tracent une vie.

Projet mené par Florence Giraud
Psychologue à l’Ehpad «Kervénanec », Lorient (56)